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Photo ci-dessus fournie par Georges , prise lors d'un séjour d'hiver

avec Daniel Prot près du Plomb du Cantal vers 1970-72.

Merci de nous adresser un Message si vous reconnaissez le lieu.


Une emprise qui dure encore


« Début 1970, j’étais un petit garçon sage et souriant, bon élève et enjoué. J’intègre
la Maîtrise de la Cathédrale en CM2.  J’adorais les cours de musique et de chants l’après-midi, les concerts à la cathédrale et à Paris. Les chants à la cathédrale se concluaient par une petite visite dans la sacristie où nous attendaient l’évêque et les prêtres. Il y avait aussi les cours de caté où on nous prêchait la bonne parole à laquelle on faisait confiance et puis… un grand vide. C’est à la Maîtrise de la Cathédrale que j’ai croisé l’abbé Prot. Très régulièrement, il nous emmenait dans son appartement, rue Brûlée, juste à côté.
Je suis devenu au fur et à mesure un mauvais élève et l’envie d’aller à l’école devenait de plus en plus difficile. On m’a alors classé comme un cancre, sauf pour le chant.

À l’âge de 30 ans, en partant aux sports d’hiver, je tombe brutalement en dépression sans savoir pourquoi.  Toujours sous traitement 30 ans plus tard, à l’heure de la retraite, j’ai pu enfin mettre des mots et des images sur ce mal-être.  En 1971 et 1972, j’avais une dizaine d’années, j’ai été envoyé par mes parents  en colonie de vacances au ski avec l'abbé Prot dans le Cantal puis à Clefcy. À cette époque, tout était beau et ils ne se doutaient pas de ce qui s’y passait… Des images, comme des flashs percutent la mémoire effacée de mon enfance : un grand bâtiment blanc à plusieurs étages comme un chalet, tout près d’un cimetière, non loin du Plomb du Cantal… et puis, la douche tout nu et l’abbé Prot qui contrôlait que tout était bien lavé. Il fallait faire attention à ne pas faire de bêtises sous peine d’être punis et emmenés le soir par l’abbé Prot et les moniteurs complices à quelques centaines de mètres quasi nus et revenir seuls dans le noir et le froid.  Je me souviens des dortoirs sombres et de cette chambre au fond, avec des rideaux beiges où dormait l’abbé, souvent avec d’autres garçons. Un soir un de mes copains est sorti de sa chambre avec une grosse tache sur le derrière de son slip. Je me souviens aussi des genoux de l’abbé : il me mettait sur ses genoux durant les confessions ; sa voix douce et posée me hante encore.

L’emprise de cet homme était telle que je lui ai demandé de célébrer mon mariage en octobre 1983. À cette époque, j’ai repris l’entreprise de mon patron. J’avais 19 ans et tout est passé très très vite, comme une fuite en avant ; s’accrocher au boulot pour tenir.

Depuis ce temps, je ne peux plus rentrer dans une église. J’éprouve une réelle oppression. Ne plus croire est difficile pour moi ; un besoin de se raccrocher à quelque chose…»


Georges  61 ans


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