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Des soins qui dérapent...


«Je ne me souvenais pas de son nom avant de le relire. Je ne me souvenais que de son prénom, le père Daniel... Je vous ai trouvé en faisant une recherche : « abbé Daniel Reims pédophile » J'ai bientôt 58 ans. J’étais allé, je crois avec mon frère et ma sœur, à cette colonie dont il s’occupait... Clefcy me semble-t-il en effet me rappeler. Je crois que c'était l’hiver mais sans certitude, vers 1977 ou 1978 (la date exacte m’intéresse si vous avez les archives des participants). J'avais donc environ 11 ou 12 ans. Voici l’abus qui me concerne. Lors d’une douche, j’avais glissé et étais tombé durement sur le coccyx. Il m’a emmené dans son bureau afin de me mettre de la crème... Pour l’appliquer, il m’a fait baisser pantalon et slip. Il m'a demandé de me pencher en avant, a fait le tour de mon ventre avec un bras au niveau de mon sexe et m'a appliqué vigoureusement la crème. Mon sexe cognait son bras sous ce massage vigoureux, et comme j'étais en puberté, je me suis mis à avoir une érection. 1er soir. Le lendemain, je n'étais pas sorti avec les autres et le soir, même scénario. Sauf qu'à la fin, il me parle de mon érection et me demande si je me suis déjà caressé en étant seul. Quand il m'a demandé cela et a insisté pour que je lui montre, il m'a regardé faire et il m'a dit : "mais ce n'est pas comme ça, je vais te montrer !" mais je me suis abrité derrière les paroles de ma mère : "ma mère a dit qu'il ne fallait pas le faire" tout en me rhabillant en vitesse. 1ère chance donc que cette injonction maternelle. Ma deuxième chance a été un animateur (dont je ne me rappelle malheureusement plus le nom) qui est venu me voir pour parler de ces "séjours dans le bureau du père Daniel". Il m'a demandé ce que nous y faisions, je lui ai répondu: "pour mettre de la crème sur mon bleu", puis m'a demandé pourquoi le porte était fermée à clef et je lui ai dit qu'il m'abaissait mon slip pour l'appliquer. Il m’a questionné sur cette nécessité contestable, et m'a demandé si j'avais encore mal. Comme je lui ai répondu que cela me faisait presque plus mal, il m'a dit : « donc, en tout cas, ce n'est plus nécessaire de continuer alors ?" et j'ai dit "oui". Je me souviens que cet animateur avait l'air d'être en colère. Par-delà les années, je lui dis "merci".  J'aurais pu aller sortir avec les autres le lendemain, mais le père Daniel a demandé que je prenne encore une journée de repos. Pendant celle-ci, il m'a emmené seul avec lui en voiture pour faire une course, je crois. J'ai le souvenir d'avoir été mal à l'aise de cette proximité. Il a voulu s’arrêter dans une forêt, pour parler et prier... Nous marchions près de la voiture et il m'a questionné sur ma foi : "tu penses que Dieu est toujours présent et qu'il est avec nous en ce moment ?" Je suis persuadé que ma foi l'a touché, et que celle-ci m'a protégé dans ce moment qui aurait pu déraper fortement. Ma foi fut ma troisième chance. Personnellement, j'éprouve de la pitié pour cet homme. Il avait décidé de donner sa vie à Dieu et aux autres, mais cela n'a pas suffi à lui donner suffisamment de force pour lutter contre ses pulsions. Je suis triste de l'avoir rencontré, mais malgré tout, je lui pardonne».


Marc 58 ans

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